Publié sur LinkedIn, 22 septembre 2026.
Dans deux posts du mois d’août en réflexion sur la réunion organisée au Porge suite au grave sinistre connu par la commune lors des incendies monstres de Gironde, j’ai mentionné le cas d’un retex public organisé trois mois après les sérieuses intempéries qui ont bloqué pendant plus de 24 heures l’autoroute et ses usagers en février 2001 dans le Var aux alentours de SaintMaximin. (« Réunions publiques post-désastres – réfléchir aux grammaires d’écoute » [1, 28 août] et [2, 30 août], avec Sabine Cariou ).
J’apporte ici quelques précisions et compléments sur cette initiative.
Principes directeurs de cette rencontre :
0. Invitation large et ouverte par voie de presse.
1. Pas de discours officiel introductif. Uniquement un accueil très bref du Président remerciant les participants pour leur présence, et l’objet de la rencontre : écouter le vécu, écouter les propositions – pour progresser.
2. Pas d’exposés techniques d’opérationnels ni d’experts.
3. Pas de grande table des officiels.
4. Placement libre autour de tables de 6-8 personnes.
5. Deux temps successifs, de 45 minutes chacun :
1°) Écoute du vécu des sinistrés et de tous les acteurs impliqués.
2°) Travail sur des pistes concrètes d’amélioration.
6. À la suite de chacun de ces deux temps, un porte-parole de chaque table vient présenter en 3 minutes maximum les éléments clés de l’échange dans son groupe.
7. Quelques points en retour par l’équipe des professionnels en charge de l’autoroute.
8. Remerciements du Président pour tous les éléments apportés, qui vont enrichir les dispositifs.
Quelques observations :
Surprise des participants de ne pas devoir entendre de longues plaidoiries liminaires en défense, de longues explications techniques préalables, mais de constater qu’on attendait vraiment leurs retours et propositions. Un tout autre espace était ouvert.
Surprise de voir les tables travailler avec beaucoup de sérieux. (J’avais reçu des mises en garde sur le thème qu’il pourrait y avoir des tensions et problèmes. Les règles de travail et d’écoute ont totalement évacué cette éventualité).
Surprise de voir les comptes-rendus de chaque table tenus dans le court temps imparti (3 minutes) et particulièrement instructifs et constructifs.
Surprise de voir la variété des acteurs réunis : automobilistes, stations services, camionneurs, experts météo, responsables publics, etc. ; et la richesse des expériences additionnées.
Surprise de voir l’intérêt opérationnel direct de bien des propositions; et plus encore : des croisements de propositions et l’interaction dans les chaînes d’acteurs – ainsi par exemple, une aire de station service : « Je peux transformer mes installations en lieu de vie, mais il me faudrait de la meilleure information pour être plus efficace. » Ou un camionneur proposant à la Gendarmerie : « Je peux relayer vos messages, j’informerai mes collègues étrangers par nos réseaux, ce sera plus efficace par mon canal ».
Surprise de voir la presse, et notamment l’équipe dépêchée par télévision régionale, rester si longtemps à observer ce qui se passait (et non pas un bref passage pour faire quelques images d’ambiance), qui sortait complètement des conférences conventionnelles.
Surprise, bien plus encore, d’avoir participé à une initiative qui s’inscrivait dans un registre si inhabituel, qui avait permis une créativité collective elle aussi bien peu habituelle…
Prudence :
Aucune situation n’est identique, aucune méthode ne saurait faire modèle.
Dans le cas de Saint-Maximin, environ 110 personnes étaient présentes. Pour une assemblée plus nombreuse, des épreuves bien plus graves, un contexte général différent, il faudrait inventer d’autres méthodes, d’autres dispositifs.