Publié sur LinkedIn le 12 janvier 2026.
Question posée ce soir par un téléspectateur aux spécialistes invités de C dans l’air.
Silence. Réponse du type : “c’est compliqué”.
Réflexion : semaine après semaine, à chaque fois que se produit une situation mêlant surprise, basculement, mutation, complexité, instabilité, chaos… la question est la même : Pourquoi le silence, l’absence, les atermoiements, l’impuissance, les tensions, les dissensions, le retard, la paralysie de l’Europe ?
Incontestablement, ce sont à chaque fois des éruptions, des dérives, des plongées dans des complexités inouïes, des contradictions infinies, des risques de haute intensité… qui ne permettent aucune réponse simple et rapide, comme s’il suffisait de puiser dans une boîte à solutions prêtes à l’emploi, encore moins d’agir pour agir sans souci de pertinence, ni de prudence, ni d’efficacité.
Certes. Et il serait gravissime de voir notre Europe brandir des solutions à contre-temps, contre-productives, susceptibles de ne faire qu’aggraver les fléaux. Impossible et dangereux tout autant de nier le caractère formidable des défis qui se succèdent et s’entrechoquent. Impossible d’oublier que nos impuissances viennent de loin.
Irresponsable de penser qu’il serait simple de faire beaucoup plus vite et beaucoup plus judicieusement. Naviguer dans le chaotique avec ce que cela implique de discernement, de pari historique, de capacité opérationnelle d’un ordre inédit est et restera un défi qu’il est extraordinairement difficile de relever.
Mais le constat doit aller au-delà.
Nous plongeons désormais dans des univers structurellement marqués par le chaotique, les déchirements, les surprises de haute intensité. Si nos difficultés et paralysies sont à ce point récurrentes c’est que des conditions générales existent aussi dans nos cultures et dispositifs de décision/navigation pour qu’il ne soit pas possible, en l’état, d’attendre beaucoup mieux.
Ce nouvel état de fait appellerait des initiatives majeures pour doter l’Europe de capacités d’appui en termes de réflexion rapide, de discernement profond et en temps réel, de préparation au chaotique, de dispositif d’engagement opérationnel d’un nouveau type – qui n’est pas de l’ordre d’une salle d’urgence.
Bien sûr, pas de fétichisme : ces montées en compétence ne permettraient pas d’eRacer la complexité et l’obscurité des éruptions actuelles, une « matière noire » dans nos développements historiques. Mais elles aideraient grandement à, au moins, pouvoir commencer à mieux se saisir et traiter les chaînes de déchirements qui ne cessent de nous assaillir.
Essayons au moins d’y travailler.
Pour quelques pistes, notamment pour les grandes organisations tant publiques que privées :
- Patrick Lagadec : « Au-delà des crises : Se renforcer pour piloter et naviguer dans un monde chaotique »
https://www.patricklagadec.net/wp-content/uploads/2025/05/AU-DELA-DESCRISES.pdf - SOCIÉTÉS DÉBOUSSOLÉES – OUVRIR DE NOUVELLES ROUTES, PERSÉE, 2023.
https://www.patricklagadec.net/wp-content/uploads/2024/10/TEXTE-FINAL-11469-Int-2.pdf