Publié sur LinkedIn, 7 avril 2026.
Même si le pire n’est pas lancé, l’expression est déjà en elle-même une atteinte profonde à la civilisation.
Une brisure primordiale qui ne pourra que coûter très cher aux Etats-Unis.
Un pays porteur de tant d’énergie vitale, qui s’enfuit et se perd dans une danse délirante avec la Mort.
Pour trouver une issue tragique à un profond mal être, à une perte totale de repères, et y entraîner le monde entier.
Jules César, l’interdit
« Mes amis, si je ne franchis pas ce fleuve, malheur à moi !
Si je le passe, malheur au genre humain ».
Ainsi que cité par Germain Arnaud in De publica privataque Romanarum vita, 1911, p. 70.
Paul Krugman : « This is America’s darkest hour »
« The civilization we destroy may be our own
[…] I think that the civilization that may be destroyed tonight is our own.
I mean, are we civilized if we do this kind of thing?
If America as a nation doesn’t stand up against this, what are we?
[…] this is, in a way, the defining moment.
The fate of the whole American idea is on the line.
I have no idea how this ends. »
Poème anonyme aimé de Winston Churchill : ‘Who is in Charge of the Clattering Train?’
« Who is in charge of the clattering train?
The axles creak and the couplings strain,
And the pace is hot, and the points are near,
And Sleep has deadened the driver’s ear;
And the signals flash through the night in vain,
For Death is in charge of the clattering train. »
Robert Escarpit : Souhaits à un ami américain, Le Monde
« Cher ami,
Que puis-je te souhaiter pour l’année 1973 ? Sûrement pas la richesse, la puissance ni la gloire, tu en as à revendre. Pour le bonheur je suis moins sûr, mais enfin tu as l’air assez content de ton sort pour l’offrir aux autres.
Personnellement, je n’ai jamais beaucoup été tenté par ton way of life. C’est peut-être que s’il fallait donner à tous les peuples du monde seulement le quart de ce que gaspillent les Américains, toutes les ressources de la planète n’y suffiraient pas.
Les voix de ton silence ont triomphalement réélu le président Nixon, et celles de ta contestation sont restées étrangement muettes quand il t’a offert comme cadeau de fin d’année la sanglante quinzaine du Vietnam.
En fin de compte, je crois que ce que je puis te souhaiter de mieux c’est l’inquiétude du lendemain, sans laquelle il n’est pas de vraie liberté. »
Corneille [interprété] : Le mortifère urbi et orbi
« Que l’Orient contre elle à l’occident s’allie ;
Que cent peuples unis des bouts de l’univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu’elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Humain à son dernier soupir,
Moi seul en être cause, et mourir de plaisir ! »
(Horace, Acte IV, scène 5)