Crises en chaîne
Bob Ayling, Chief Executive, British Airways
"Pour tous ceux qui travaillent au sein de British Airways,
1997 a été une année de défis [
].
Nous avons connu une attaque de l'IRA à l'aéroport de
Gatwick, un problème majeur sur la Livre, un problème
financier majeur en Extrême-Orient, une concurrence sévère,
des changements internes importants, de graves conflits sociaux et,
alors que nous pensions que le pire était derrière nous,
l'incendie de notre terminal à Heathrow."23
Anesthésie
L'affaire du EC-121, Corée du Nord,
1969 (Henry Kissinger)
"À 2h17 Radio Pyongyang annonça que la Corée
du Nord avait abattu un avion de reconnaissance américain
[
] Mais, pour des raisons qui aujourd'hui m'échappent
complètement, tout le monde décida de faire comme
si l'annonce n'avait pas existé. Sous prétexte que
nous n'avions pas reçu d'autre confirmation, l'incident était
toujours classé comme "non confirmé" à
7h20 lorsque j'en informai Nixon. C'était comme si quelqu'un,
ayant appuyé sur le bouton "comment traiter la crise",
avait reçu la consigne "indifférence"."24
Crises et individus
Crise de Cuba (Th. Sorensen, conseiller
à la Maison Blanche)
"Durant ces longs jours et ces longues nuits de la crise
de Cuba, je vis moi-même, directement, comment la fatigue
physique et mentale peut brutalement paralyser le bon sens et toutes
les capacités de jugement d'hommes normalement sains d'esprit."
Confusion
Three Mile Island (Richard Thornburgh,
Gouverneur de Pennsylvanie)
"L'exploitant, l'administration et les autres intervenants
se contredisaient, disaient au public soit moins, soit plus qu'ils
n'en savaient. De soi-disant experts commencèrent à
exagérer les dangers, ou au contraire le non danger de la
situation. L'exploitant qui, à l'origine, apparut comme parlant
d'u grand nombre de voix - avant de se taire complètement
par la suite - ne sut guère assurer sa crédibilité.
L'entreprise commença ce premier jour à tenter de
minimiser l'accident - nous assurant : "Tout est sous contrôle",
quand nous devions apprendre plus tard que tel n'était pas
le cas [
] De son côté, le président de
la NRC, Joseph Hendrie, déclara que nous n'avions jamais
frôlé la fusion du cur - ce qu'il n'avait aucun
moyen de savoir à ce moment-là. [
] Et pire encore,
le directeur de la sécurité civile appela le directeur
local de la défense civile qui appela lui-même une
radio locale en lui disant que l'annonce d'un ordre d'évacuation
du gouverneur pourrait être imminente. Je n'étais moi-même
pas encore informé. Quand la nouvelle me parvint qu'un certain
docteur Collins de Washington disait que nous devions évacuer,
je n'avais pas la moindre idée de qui il était ni
pour quelles raisons il faisait pareille recommandation. Et je n'avais
pas l'intention d'évacuer des milliers de gens sur la base
d'une information aussi incomplète. Je commençai à
poser des questions, mais la difficulté que je rencontrais
à obtenir des réponses était exacerbée
par
la saturation de notre standard téléphonique
: la nouvelle prématurée et erronée d'une évacuation
et aussi le fait mystérieux qu'une sirène se soit
mise à sonner (!) avait semé un grand émoi
dans le ville."26
Pathologies de groupe
La Baie des Cochons, 1961 (Irving Janis)
"La décision de l'administration Kennedy au sujet
de la Baie des Cochons compte au nombre des pires fiascos jamais
mis en uvre par un gouvernement responsable. [
] Le groupe
qui prit la décision d'approuver le plan d'invasion comprenait
des hommes parmi les plus intelligents qui aient jamais eu à
participer à un gouvernement. Et pourtant, toutes les hypothèses
sur lesquelles reposaient le plan étaient si totalement erronées,
que l'aventure connut l'effondrement dès l'instant om elle
fut engagée, [
] L'incapacité du premier cercle
autour de Kennedy à détecter aucune des hypothèses-pièges
du plan d'invasion peut en partie s'expliquer par la tendance du
groupe à rechercher le consensus au dépens de l'information,
de l'examen critique et du débat."27
Pearl Harbor, 7 décembre 1941
(Irving Janis)
Le 1er décembre, l'amiral Kimmel eut un bref échange
avec un officier sur le problème de la perte radio des porte-avions
japonais : "Alors, vous ne savez pas où sont les porte-avions ?
Voulez-vous dire qu'ils pourraient se trouver autour de Diamond
Head (à Honolulu) et que vous ne le sauriez pas ?"
L'officier répondit qu'il espérait bien que les porte-avions
seraient repérés avant cela. (La plaisanterie rappelle
celle d'un homme qui, quelques jours avant le désastre, était
entré dans un bar avec un parachute en réponse à
une alerte émise par un ingénieur selon qui il fallait
s'attendre à la destruction de la ville.)
On était prévenu : l'amiral rirait de toute personne
à qui viendrait l'idée saugrenue d'une attaque de
Pearl Harbor. Certes, l'officier aurait pu poursuivre la réflexion;
mais s'il en avait eu la moindre envie, malgré ses doutes,
il n'aurait guère été encouragé par
le comportement de l'amiral. Comme il le dit plus tard : "Je
n'ai pas dit que les porte-avions japonais approchaient d'Honolulu
avec silence radio ; j'aurais bien voulu l'avoir dit".
Dès lors il n'était plus question d'envoyer ne serait-ce
qu'un seul avion de reconnaissance. Il aurait fallu braver le ridicule.
Dans l'atmosphère d'unanimité apparente, en l'absence
d'alarme bien claire, le conseiller le plus consciencieux aurait
trouvé plus facile de risquer la très faible probabilité
d'une attaque ennemie que d'affronter, selon une forte probabilité,
la menace d'une censure de groupe, choqué de voir ainsi mises
en question les récentes réaffirmations du bien-fondé
de la ligne suivie. Cette pression de groupe ne pouvait laisser
place à la nécessaire vigilance. Il en résulta
des biais systématiques dans le traitement de l'information. 28
Pearl Harbor, 7 décembre 1941
(Irving Janis)
Plus le temps passait, et même si on recevait davantage
d'alarmes, plus il devenait difficile de plaider pour une révision
de la politique suivie. On en arrivait au point où reconnaître
l'existence d'un problème signifiait tout simplement que
le groupe avait failli à sa mission fondamentale : assurer
la sécurité de Pearl Harbor, de Hawaï, de la
Flotte. L'amiral Kimmel à Pearl Harbor pouvait encore le
faire, le 6 décembre après-midi. Et il le fit : lors
de sa dernière réunion avant le désastre, Kimmel
émit des doutes. Mais il fut immédiatement "rassuré"
par deux de ses adjoints : les Japonais ne pouvaient pas attaquer
ici; rien de plus ne devait être mis en place. Kimmel avait
perdu l'ultime occasion de corriger la grossière impréparation
de sa flotte.29
Escalade au Vietnam (Irving Janis)
"Toute personne des cercles de pouvoir qui émettait
des doutes sur le processus d'escalade suscitait une remarque immédiate
: "J'ai bien peur qu'il soit en train de perdre son efficacité".
Cet "effectiveness trap", la menace d'être rejeté
dans le camp des "has been", invitait l'intéressé
à taire promptement ses critiques. Il suffisait d'ailleurs
d'une simple mimique pour que tout impertinent comprenne qu'il venait
de commencer à transgresser la norme commune". 30
Crises et systèmes
La marée noire de l'Amoco-Cadiz
"Ce qui est en cause, c'est un système compliqué
où l'information est partagée entre divers agents
qui s'ignorent plus ou moins, où une information, qui est
en quelque sorte coupée en morceaux, circule mal; une information
qui engendre finalement et paradoxalement l'ignorance de l'autorité
qui a compétence pour intervenir. Un système où
une administration qui a des pouvoirs mais pas de moyens est appelée
à demander ceux-ci à une autre administration qui
apprécie l'opportunité de les lui accorder, et, inversement,
une administration qui a des moyens mais ne dispose pas de l'information
qui l'inciterait à les mettre en oeuvre, ou du pouvoir de
les utiliser. En somme, un système parcellisé, dépourvu
de toute fonction de synthèse." 31
Expertise
Rupture imminente de barrage !? (Enrico
Quarantelli)
"Il y a une vingtaine d'années, un responsable des
services d'urgence d'une ville californienne reçut à
quelques minutes d'intervalle l'avis d'une première agence
lui annonçant que, suite au séisme qui venait de se
produire, il fallait s'attendre à une rupture imminente du
barrage situé directement en amont de l'agglomération;
puis l'avis opposé d'une autre agence, tout aussi officielle
et sérieusement équipée. En fait, il reçut
un troisième rapport, bien après l'épisode
lui spécifiant que, s'il avait cédé, le barrage
ne se serait pas rompu brutalement et qu'il n'y aurait donc pas
eu de vague monstrueuse comme on l'avait craint."32
Incertitudes en santé publique
(Le Professeur Lucien Abenhaim)
"[
] on ne connaît pas bien l'ensemble des possibilités,
ni leur probabilité de survenue, faute de données
sur des événements antérieurs. [
] Même
pour des produits extrêmement bien connus, dont les effets
pathogènes sont très documentés et pour lesquels
on dispose à la fois de données toxicologiques redondantes
et d'informations d'origines épidémiologiques multiples,
on va devoir effectuer une série d'extrapolations qui, selon
les modèles utilisés et selon les expertises retenues,
aboutiront à des résultats considérablement
différents : extrapolation hautes doses/basses doses; extrapolation
d'une population à une autre; extrapolation de l'animal à
l'homme; extrapolation d'une condition d'exposition à une
autre". 33
Le mot du sénateur Edmund Muskie
"C'est l'histoire du sénateur Edmund Muskie qui se plaignait
auprès de son assistant du fait que les experts ne pouvaient
jamais émettre aucun avis sans les assortir de réserves,
en recourant systématiquement à l'expression rituelle
"on the other hand" ("d'un autre côté").
Le Sénateur finit par demander à son assistant : "Trouvez
moi un expert avec une seule main" ("avec un seul côté")." 34
Médias : la déferlante
Bhopal (1984)
"A 4h30 du matin, le 3 décembre 1984, CBS News appelle
le siège de Union Carbide à Danbury (Connecticut).
Ils veulent parler à quelqu'un au sujet d'un accident à
Bhopal. Le responsable des relations de presse est brutalement plongé
dans l'événement médiatique : "Ils avaient
un rapport télégraphique en provenance de l'Inde indiquant
qu'il y avait eu une fuite de gaz et que quelques personnes avaient
été tuées. Sur le moment, le journaliste disait
entre 30 et 35. Il commença à me donner tous les détails,
y compris des nouvelles des vaches qui gisaient dans les rues. Et,
tandis que nous parlions, il n'arrêtait pas de recevoir de
nouveaux rapports. À la fin de notre entretien téléphonique,
le bilan des morts était déjà de 200 à
300 personnes." 35
Three Mile Island , 1979
"Dès 8h du matin, un journaliste qui suit au scanner
les transmissions de la police et des pompiers identifie une activité
particulière liée à la centrale; aussitôt
prévenu, son directeur appelle TMI, est mis par erreur en
relation avec la salle de contrôle et s'entend répondre
: "Je ne peux pas parler maintenant, nous avons un problème".
La nouvelle est donnée par cette radio de Harrisburg à
8h25. A 9h06, l'Associated Press diffuse l'information.
Par la suite, les médias continueront à montrer leurs
capacités : à partir des numéros d'immatriculation
des véhicules en stationnement à la centrale, des
journalistes remontent aux employés et parviennent à
glaner des informations [3, p.48]. Mieux : à force de patience,
un reporter finit par repérer la fréquence radio utilisée
par les officiels : "Stationné sur l'autre rive du fleuve,
il manipulait son scanner à la recherche des transmissions
établies depuis la centrale. Rien sur la fréquence
de l'exploitant ni sur celle de la police. Il changea alors pour
la fréquence présentée dans son manuel comme
celle réservée aux 'communications interministérielles
en cas de guerre nucléaire. Et ils étaient là." 36
Carence de pilotage
L'affaire du EC-121, Corée du Nord,
1969 (Henry Kissinger)
"Ce n'est pas notre décision de ne pas réagir
qui fut particulièrement remarquable. Ce qu'elle mit en lumière,
avant tout, ce furent les grandes imperfections qui existaient dans
notre système de prise de décision. Au lieu de procéder
à une analyse stratégique de la situation, nous avions
fait assaut d'expédients techniques. Aucune autorité
puissante ne venait de la Maison Blanche. Pour résoudre efficacement
une crise, il faut que les ministères et autres services
connaissent les intentions du président. Par ailleurs, ils
doivent être étroitement contrôlés pour
que l'on soit sûr que les décisions forment un tout
cohérent. En l'occurrence, c'étaient aussi bien les
moyens que les idées qui nous avaient fait défaut.
La coordination au sein du gouvernement laissait également
à désirer. Quant au président, il n'avait jamais
vraiment pris position." 37
Irréalité
Mai 1968 (Maurice Grimaud, préfet
de police de Paris)
"Dans nos réunions du matin à Matignon, je constatais
avec surprise combien tous les grands services de l'Etat s'étaient
laissé prendre de court par les événements
et se trouvaient désarmés pour faire face aux difficultés
qui s'accumulaient. Ce n'est pas que l'on n'eut, de longue date,
prévu de fort beaux plans pour assurer la marche des services
en cas de troubles et de grève généralisée,
mais c'était qu'aucun de ces plans ne fonctionnait, et d'abord,
parce que personne ne les avait jamais testés.
Il y avait un plan pour assurer un service minimal des chemins de
fer et un pour l'aviation civile, un autre pour les transports de
carburant et un encore pour le ravitaillement des villes, et aussi
pour la continuité de la radio, de la télévision
et des transmissions radiophoniques.
Tous, d'ailleurs, supposaient que fonctionne le plan pour la bonne
marche des centrales électriques et la distribution du courant,
car sans électricité ni téléphone, tous
les autres s'arrêtaient. Ces plans avaient été
étudiés dans le dernier détail par des états-majors
mixtes de fonctionnaires et de militaires. Ils reposaient en effet
sur le concours de l'armée et la réquisition de certaines
catégories d'agents des services publics. Mais, une fois
paraphés et revêtus de tous les cachets "Secrets",
il semblait bien qu'on les avait enfermés avec soin dans
les coffres aux documents confidentiels de chaque ministère,
et qu'ils y aient dormi jusqu'à ce jour. Ce n'était
pas en vain qu'ils portaient généralement des noms
de code empruntés à la mythologie; rarement organisation
fut plus mythique que celle-ci". 38
Prévention : le piège de la
technique
Three Mile Island (1979)
"Le rapport officiel sur l'accident de Three Mile Island comprend
19 pages intitulées : "Recommandations de la commission".
Seules deux de ces pages relèvent de l'appréciation
technique. Les 17 autres traitent principalement de procédures
relatives à l'organisation et à la formation." 39
Ekofisk (1977)
"Le rapport officiel sur l'accident de la plateforme Bravo
(à Ekofisk) comprend trois pages et demie de conclusions.
Elles identifient sept raisons principales pour l'accident. Seule
l'une de ces sept raisons relève d'une question purement
technique. Les autres sont relatives à des problèmes
d'organisation et de formation." 40
Prévention : information publique
défaillante
Institute, usine sur de celle
de Bhopal aux USA
"Peu de gens savaient quels comportements adopter en cas
d'alerte. Certes, aux dires du porte-parole de l'usine, une lettre
leur avait été adressée à ce sujet chaque
année depuis 1975 - mais peu l'avaient reçue. S'ils
l'avaient reçue, ils auraient sans doute été
encore plus déroutés. Selon la lettre, deux coups
de sirène de trois secondes signifiaient un feu ou une urgence
médicale ; trois coups de trois secondes : une fuite de gaz
; des coups de sirène de deux secondes toutes les trois secondes
pendant deux minutes, avec des coups de deux secondes toutes les
trente secondes jusqu'à la fin du danger : un accident majeur.
Les instructions sur les comportements à adopter étaient
aussi déroutantes "Si le vent souffle favorablement,
restez où vous êtes. Si le vent souffle dans votre
direction, évacuez perpendiculairement au vent. Dans certains
cas on peut voir les vapeurs sous forme d'un nuage blanc. Cependant,
comme cela n'est pas toujours le cas, ne fiez pas à ce que
vous voyez". 41
23/ " Rising to the challenges that
lie ahead " A New Year message from Bob Ayling, Chief Executive,British
Airwayx News, Friday, January 9, 1998, n° 1193, p. 1.
24/ Henry Kissinger : À la Maison Blanche, Fayard,
1979, tome 1, p. 328.
25/ Theodore C. Sorensen : Decision-Making in the White House
(Foreword by John F. Kennedy), Columbia University Press, New York.
1963, p. 76.
26/ In Patrick Lagadec, Etats d'urgence, Seuil, 1988, p.85-90
27/ L. Janis : Groupthink - Psychological Studies of Policy Decisions
and Fiascoes, Hougton Mifflin Company, Boston (2nd Ed.).1982,
p. 14 ; 47.
28/ L. Janis, ibidem, p. 87-88 (d'après).
29/ L. Janis, ibidem, p. 88 et 77 (d'après).
30/ L. Janis, ibidem, p. 114-115.
31/ A. Colin : Amoco-Cadiz, Rapport de la Commission d'enquête
du Sénat, seconde session ordinaire 1977-1978, n°486,
1978, p. 223.
32/ Entretien avec E. Quarantelli (1987).
33/ D'après : Lucien Abenhaim : "La décision.
L'exemple du risque technologique", in : G. Brücker et
D. Fassin (eds) : Santé Publique, Editions Ellipses,
Paris, 1989, p. 824-839.
34/ Cité in E. L. Quarantelli : "A Preliminary Statement
on the Different Worlds of Science and Mass Communication : Implications
for Information Flow Between Them", Disaster Research Center,
University of Delaware. 1990, p. 19.
35/ R. B. Irvine : When you are the Headline - Managing a major
News Story, Dow Jones-Irwin, 1987 (p.vii).
36/ J. Kemeny : Report of the President's Commission on the Accident
at Three Mile Island, Pergamon Press, New York, 1979, p. 104
; p. 52.
37/ Henry Kissinger, 1979, tome 1, p. 333-334.
38/ Maurice Grimaud : En mai, fais ce qu'il te plaît,
Stock, Paris 1977, p. 206-207.
39/ E. Bjordal : "Is risk analysis obsolete ?", Loss prevention
and safety promotion in the process industries, 3rd International
symposium, Basle, sept. 15-19, 1980, vol. 2, p. 643.
40/ Idem, p. 643.
41/ Newsweek, 17 December 1984, p. 40 ; 44
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