Le simple fait de considérer les questions de crise conduit
parfois à la condamnation indignée, sur le thème :
"l'important, c'est la prévention". Avec en sous
entendu, parfois, l'idée que tout effort en matière
de crise serait déjà un abandon, une désertion.
Un peu comme du temps de la guerre froide où il ne fallait
en rien protéger les populations au motif que cela porterait
atteinte à l'esprit de dissuasion.
Bien entendu, nous nous inscrivons dans une stratégie globale
de prévention des risques. La prévention des crises,
la gestion des crises, fait partie intégrante du travail
de maîtrise des risques. La prévention est la meilleure
gestion de crise qui soit - c'est là une évidence.
Et même dans la crise, la dimension "prévention"
est bien le fil conducteur de toute l'action : il s'agit de
prévenir le chaos, toutes les politiques du pire, toutes
les aggravations par incompétence ou sur-accident.
Dans cette ligne, toute dérive vers une mode "faisons
de la gestion de crise, faisons de la gestion médiatique,
du média-training, et laissons de côté les risques"
serait à l'évidence inacceptable et en vérité
criminelle.
Le sérieux exige :
a) de toujours commencer par la prévention ;
b) d'inclure dans l'examen le risque de crise et ses risques de
toutes natures. À l'évidence, toute analyse conduisant
à démontrer que l'on n'a mis en place aucun moyen,
aucun entraînement, aucune stratégie en matière
de crise devrait constituer un sérieux motif de réflexion
sur l'état de la situation. Avec tout ce que cela peut exiger
en matière de prévention. Cela est valable en matière
d'insuffisance technique, organisationnelle, institutionnelle. Un
système tout entier organisé pour échapper
à toute responsabilité en cas de crise appelle bien
évidemment des interventions décisives de la part
des autorités ;
c) de faire retour sur la prévention après toute crise,
quasi-crise ou simulation ;
Le sérieux exige aussi :
d) d'examiner en tant que tels les phénomènes
de crises : ils sont si déroutants, si coûteux,
que tout refus en la matière serait une grave défaillance
de l'effort global de prévention. Se contenter d'affirmer
que l'on s'occupe de prévention, et que la question des crises
est en elle-même un danger, est également irresponsable.
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