DIFFICULTÉS


- Cellules de crise : pièges de base

- Pathologies de crise : les erreurs normales en l’absence de préparation


Entrée en crise : d'emblée, la déstabilisation
Informations fausses : "pas de problème, je contrôle !"
Choc initial : "ce n'est pas possible !"
Faille intellectuelle : "tout va bien !"
Mobilisation laborieuse : "nous ne sommes pas concernés !"

Un passif, d'emblée
Des protections moins performantes que prévu : "comment, ça ne fonctionne pas !"
Des organisations qui ne se connaissent pas : "c'est qui ?"
Un capital de défiance : "surtout pas eux !"

Des individus vulnérables
Déstabilisés par l'événement, minés par le stress et la fatigue
Aux réactions peu prévisibles, susceptibles d'efficacité très variable dans la durée

Petits groupes entre deux pathologies
Chaos : éclatement, confusion, conflits
Bunker : illusion d'invulnérabilité, foi sans borne dans leur propre moralité, pensée fermée, uniformité des visions, autocensure, pressions sur tout déviant

Des organisations en limite de rupture
En interne : saturation, retrait, conflits
Entre organisations : lignes de démarcations, replis

Grands systèmes : éclatement, désaticulation
Grandes machineries très rigides
Irruption de nouveaux acteurs (victimes, justice, terroriste) ; nouvelles alliances perçues comme contre-nature
Fragmentation et pulvérisation des systèmes habituels

Expertise et experts
Expertise trop tardive, peu fiable, éclatée, trop sûre d'elle-même
Querelles d'experts, absence d'experts décisionnels
Tentation : faire de l'expert un décideur

Médias : l'anti-manuel
Silence, absence, fermeture : "no comment"
Démentis : "il ne se passe rien"
Déclarations rassurantes : "nous ne savons rien, mais ce n'est pas grave"
Manque total d'humilité : "nous sommes les meilleurs"
Dégagement sur d'autres responsables : " ce n'est pas nous"
Incapacité à fournir une information minimale
Mise en cause de ceux qui informent

Le décideurs aux abois
Recherche d'information pauvre et biaisée
Perception fausse d'urgence et de contraintes absolues : précipitation et blocage
Enfermement dans les modèles du passé : impossibilité de comprendre la situation
Etude incomplète des objectifs : défaut essentiel d'ancrage des décisions
Recherche de variantes bloquée : on opte pour la première idée venue, sans examen des risques liés à l'option préférée ;
Recherche frénétique de "la" solution, sur le mode du tout ou rien : "la" bonne solution, aussitôt mise en œuvre, dramatisera la crise
Enfermement dans la justification de cette solution, jusqu'au ridicule le plus affligeant ;
Engagement dans l'irréversible, pour écarter l'ambiguïté : ce qui va sceller la victoire de la crise.

vertige :
"N'est-ce pas ici que, si on fait un demi pas dans la mauvaise direction, on se réveille à des milliers de kilomètres ?".

21/ D'après : Patrick Lagadec : La Gestion des crises, McGraw Hill, Ediscience, Paris, 1991, p. 165-166.